héroïne
L'héroïne est un opiacé puissant, obtenu à partir de la morphine. Les opiacés sont des substances naturelles contenues dans le latex (opium) recueilli sur une plante, le pavot.
En 1888, un chimiste allemand préconise d'employer l'héroïne synthétisée pour soigner la tuberculose.
Médication "héroïque", elle est considérée comme susceptible de se substituer à la morphine dans le traitement des douleurs et de la toux. Rapidement, son utilisation devient abusive. Aux États-Unis, on estimait à près de 500 000 le nombre de personnes dépendantes à l'héroïne à la veille de la Première Guerre mondiale.
En 1923, la Société des Nations déclare le produit dangereux et de faible intérêt thérapeutique.
En 1924, l'utilisation non médicale de l'héroïne est prohibée aux États-Unis ; elle y sera totalement interdite en 1956 et en 1963 en France. Certains pays continuent à l'utiliser dans la pratique médicale.
Sa prescription est prohibée en France ; elle est expérimentée dans certains pays, notamment la Suisse et l'Australie, dans le cadre des politiques de réduction des risques auprès des héroïnomanes très dépendants.
À quoi ça ressemble ?
L'héroïne se présente sous la forme d'une poudre. Elle est la plupart du temps injectée en intraveineuse, après dilution et chauffage. Les pratiques d'injection semblent en baisse. L'héroïne est également sniffé et fumée.
Effets et dangers de l'héroïne
L'Héroïne provoque l'apaisement, l'euphorie et une sensation d'extase. Elle agit comme anxiolytique puissant et comme antidépresseur. Les effets recherchés peuvent traduire un mal-être psychique, une souffrance, un besoin d'oubli.
L'effet immédiat de l'héroïne est de type "orgasmique". C'est un "flash". Il est suivi d'une sensation d'euphorie puis de somnolence, accompagnée parfois de nausées, de vertiges, et d'un ralentissement du rythme cardiaque.
En cas d'usage répété, le plaisir intense des premières consommations ne dure en général que quelques semaines.
Cette phase peut être suivie d'un besoin d'augmenter la quantité du produit et la fréquence des prises.
La place accordée à cette consommation est telle qu'elle modifie la vie quotidienne de l'usager.
Des troubles apparaissent, dont l'anorexie et l'insomnie.
La dépendance s'installe rapidement dans la majorité des cas. L'héroïnomane oscille entre des états de soulagement euphoriques (lorsqu'il est sous l'effet de l'héroïne), et des états de manque qui provoquent anxiété, agitation...
La dépendance à l'héroïne entraîne des risques sociaux importants. Elle enclenche un processus de marginalisation chez certains usagers. La surdose ou overdose de l'héroïne peut provoquer une insuffisance respiratoire entraînant une perte de connaissance et éventuellement la mort.
L'injection entraîne des risques d'infection (notamment par les virus du sida et des hépatites B et C) si l'usager ne se sert pas d'un matériel d'injection stérile, utilisable une seule fois.
Héroïne et dépendance
L'héroïnomane qui le souhaite peut bénéficier de soins : sevrage, suivi psycho-social, traitement de substitution. Les traitements à la méthadone ou au Subutex® sont administrés par voie bucale. Ils sont prescrits soit dans les centres de soins spécialisés en toxicomanie, soit par un médecin de ville.
Ces traitements de substitution ont pour objectif de stabiliser la dépendance de manière médicale et légale.